Quelques mots
J’ai encore quelques sujets sous le coude que je n’ai pas eu le temps de faire pour ce blog ni pour Orange:
- A Bei Ge, le fan de l’expo/JO/Coupe du monde, dont j’ai brièvement parlé ici, est un personnage tout à fait intéressant. Je vais le revoir dans les prochains jours: il habite sur son vélo, a quitté son job avant les JO de Pékin, s’est fait tatouer sur ses bras et son dos la totalité des épreuves olympiques, et il est arrivé à Shanghai pour suivre en intégralité l’expo et la Coupe du monde. En 2011 il va à Canton suivre les Jeux asiatiques;
- je déjeune souvent à la 中华美食街 (Chinese food street), ce n’est pas cher et j’aime parler à mes voisins. J’ai fait connaissance au fil des jours du directeur du stand du Henan, qui non seulement me fait déjeuner à l’oeil, mais me fait surtout passer du côté des cuisines pour interviewer ses vendeuses et ses cuistots, tous adorables. J’ai pris beaucoup de photos, du son, le portfolio est en préparation…Cela pourrait être intéressant d’entendre leur point de vue sur l’expo;
- le bilan écologique de l’expo: est-ce que faire rouler des bus électriques et planter des arbres en Mongolie va compenser pour tout le gaspillage qu’une expo universelle représente?
- un bilan sur les destructions des quartiers qui se trouvaient sur le site de l’expo mais aussi dans le centre de Shanghai. Car bien sûr très souvent “meilleure ville, meilleure vie” fut un prétexte très utile à tout et n’importe quoi… J’ai interviewé pour cela Paul French, un spécialiste du vieux Shanghai;
- les interdictions de fumer: en mars le gouvernement municipal a introduit pour la première fois l’interdiction de fumer dans douze différents lieux publics de Shanghai. A l’expo, tout le monde continue comme avant, et personne ne sait où sont les zones spécialement désignées pour les fumeurs;
- où en est Feng Zhenghu? L’activiste de Shanghai, qui a passé plusieurs semaines coincé à l’aéroport de Tokyo/Narita, est en fait en résidence surveillée. Une voiture banalisée est postée devant chez lui, avec des policiers en civil qui contrôlent les passeports. Il est, je pense, inoffensif et cherche plus l’attention des médias, mais je vais quand même attendre l’avant-veille de mon départ pour aller le voir. On ne sait jamais…
photo: crépuscule sur le pavillon du Royaume-Uni, 29 avril 2010.
Peinture qui s’écaille, oreilles manquantes…Après seulement un mois et demi de mise à l’épreuve du public chinois, les moutons qui ornent les pelouses du pavillon hollandais auraient bien besoin de vacances anticipées. Ils n’ont apparemment pas supporté le poids de deux ou trois personnes à la fois sur leur dos, ni d’être trainés par les oreilles ou la queue. La direction du pavillon hollandais a ainsi commandé un nouveau « troupeau », qui devrait arriver sur les verts pâturages du plat pays dans le courant du mois.
C’est un exemple comme les autres, mais qui résume bien ce que l’on peut ressentir après avoir déambulé quasiment tous les jours sur le site de l’exposition universelle de Shanghai pendant un mois et demi : une impression de qualité médiocre des matériaux, amplifiée par le fait que les visiteurs, à 95% Chinois, ne sont pas du tout soigneux. Les pavillons s’usent, et cela commence à se voir. Le 24 mai, le pavillon de Taiwan a fermé à 16h pour entreprendre quelques travaux de rénovation, le pavillon de la Finlande, tout de blanc vêtu, a tendu un drap noir à l’intérieur pour protéger ses murs du frottement de la foule.
Des trottoirs s’abîment, des dalles se déchaussent… Des visions qui font d’autant plus de peine que l’exposition de Shanghai a clairement pris le parti, contrairement aux précédentes expositions universelles, de se focaliser sur les pavillons des pays. Mais c’est sans compter sur une variable non négligeable : près de 70 millions de visiteurs sont attendus d’ici au 31 octobre, un record qui fait de l’édition 2010, tant dans sa configuration que dans la façon dont les pays ont pensé leur pavillon, un évènement unique à tous points de vue.
Passeport en main, les visiteurs se rappelleront de leur visite à l’expo grâce aux tampons glanés près de la sortie: Chine, Arabie Saoudite, France, Chili… A Shanghai, les stars sont les pavillons. Bien avant que le site n’ouvre, les spéculations allaient bon train sur ce que pouvaient renfermer des audaces architecturales comme le Royaume-Uni, le Japon, l’Espagne…Quitte à oublier totalement pourquoi près de 230 pays et organisations internationales sont réunis sur les rives du Huangpu : réfléchir à une « meilleure ville, meilleure vie ».
Javier Castrillo est architecte au cabinet espagnol Ados, qui a ses bureaux près du Shanghai Sculpture Space, une ancienne usine réhabilitée qui abrite maintenant cabinets de design et galeries. Il reste très sceptique sur l’expo : « Ce que l’on voyait à Séville en 1992 était déjà bien mieux. Ici, il n’y a pas de nouvelles technologies, pas de nouveaux matériaux, et la qualité de ceux qui ont servi à construire les pavillons est très moyenne ».
Le site de l’exposition universelle a ouvert quelques jours en avril pour tester les installations et l’organisation générale. C’est à ce moment-là que Javier a visité l’expo. « Ce qui m’a surpris, c’est qu’il n’y avait pas de soin particulier apporté au détail, même pour le pavillon de la Chine, qui est tout de même le pays hôte. Les pavillons collectifs ressemblent à des hangars, tout comme les bâtiments où sont dissimulées les installations électriques. Ce n’était pas comme cela à Aichi et à Séville. »
Sans compter que sur les 5.28km2 de l’expo universelle, de part et d’autre de la rivière Huangpu, il y a en tout très peu d’espaces verts, dédiés au repos du public. Près du pavillon japonais, un jardin traditionnel à la chinoise est tellement bien caché que très peu de personnes ne s’y aventurent. Autour des restaurants et fast-foods le midi, les maigres pelouses sont envahies par les badauds dévorant leurs ailes de poulet KFC, et les arbres bordant les routes ont eu leurs feuilles coupées par une armée de nettoyeurs sans merci.
Adam Minter est un journaliste américain spécialisé dans l’environnement et le recyclage en Chine. Il s’est aussi spécialisé sur l’expo universelle sur son blog « Shanghai Scrap » : « à Shanghai il n’y pas beaucoup de place pour une réflexion autour des espaces verts » a-t-il déclaré lors d’une conférence organisée par le Foreign Correspondents Club le 10 juin dernier. « A l’expo, il y en a quelques uns, dont un parc de zones humides près du pavillon de l’Espagne, mais très peu de gens y vont. »
Alors résumons : quelques parcs et jardins (mais pas trop), des bâtiments, des trottoirs et des routes où circulent des bus transportant les visiteurs d’une zone de l’expo à l’autre…
« Il n’y a pas de réelle différence entre une vraie ville et l’expo universelle de Shanghai!» explique Matthew Tobin. Ce designer, travaillant pour UAP, un cabinet australien spécialisé dans le design d’œuvres d’art publiques extérieures, exprime en fait l’avis de nombreux spécialistes rencontrés. « Les pavillons importent plus que l’expo elle-même, et c’est là la différence majeure avec les éditions précédentes. L’espace n’est pas créée pour que les gens s’y sentent à l’aise. Les rues de Shanghai sont bien plus intéressantes que les rues de l’expo ! »
Matthew est d’autant plus vindicatif que son projet de sculptures extérieures, que l’on peut apercevoir aux différentes entrées de l’expo, a été modifié à tel point par les 15 différents comités qu’il en a perdu toute ressemblance avec le projet originel.
« Avec nos différentes sculptures, qui devaient au départ être placées à l’extérieur du site, nous voulions donner aux visiteurs un sentiment d’accueil et leur faire ressentir ce qu’ils allaient vivre une fois à l’intérieur de l’expo », explique-t-il dans son bureau installé dans une petite allée au cœur de la concession française. « Mais les choses ont tourné d’une toute autre manière. Nous avons dû passer par une quantité énorme de bureaucratie : 15 différents comités, chacun s’occupant d’un thème différent : la sécurité, le contrôle de la foule, etc. La majeure partie de nos prototypes étaient faits de matériaux recyclés : panneaux publicitaires, bois… Mais le comité organisateur de l’expo préférait des matériaux permanents. Car recyclé signifie au rabais ! »
Ainsi, les sculptures ont été déplacées à l’intérieur, et souvent ne sont plus l’ombre de ce qu’elles étaient sur papier. Près de l’entrée Houtan, une des entrées les plus stratégiques car proches du pavillon américain et offrant un accès facile à la zone Europe, on peut apercevoir dans un coin une petite dizaine de sculptures qui semblent avoir été abandonnées près d’un escalier roulant. Devant elles, un immense terrain pavé, vide, où les visiteurs se déversent et piquent un sprint une fois les grilles d’entrées franchies. Personne ne voit les sculptures. « Les comités ont fait pression pour que les entrées ne soient plus que de larges zones bétonnées, ils ont supprimé les espaces verts. Et les autres expos universelles étaient piétonnes, pas ici», soupire Matthew Tobin.
Ce à quoi ressemblera l’actuel site de l’exposition universelle ne semble laisser que peu de doutes à Matthew : «Mais regardez ! C’est comme s’ils avaient déjà dessiné ce que sera le site après l’expo : des pâtés de maison, des rues… Il n’y aura plus qu’à tout détruire après l’expo. » Et ce qu’il y aura à reconstruire, à réinventer pour la futur Shanghai va bien au delà de la superficie du site en lui-même : tout autour des immenses terrains vagues servant de parkings pour les bus de touristes n’attendent eux aussi que les promoteurs immobiliers qui seront commissionnés par le gouvernement municipal.
« Meilleure ville, meilleure vie ? », conlut Javier Castrillo, en référence au slogan de l’expo. « Moi je n’ai rien vu de tel ».
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Mahmoud A.
Mahmoud Ahmadinejad veut être un visiteur de Shanghai expo comme les autres. C’est ce qu’il a en tout cas déclaré à plusieurs reprises lors de la conférence de presse donnée en son honneur vendredi 11 juin, journée du pavillon de l’Iran. Après avoir visité le pavillon de la Chine, puis de l’Iran, il s’est adressé à l’Expo center à un parterre de journalistes plus intéressés par l’actualité de l’Iran et du conseil de sécurité de l’ONU que de son programme à l’exposition universelle.
L’occasion était trop belle. Le président de l’Iran en visite en Chine à l’exposition universelle, deux jours après que son allié, d’habitude plutôt réticent à voter des sanctions contre la république islamique sur son programme nucléaire, venait de dire “oui” au conseil de sécurité de l’ONU.
Pour assister à la conférence de presse il fallait s’inscrire par email la semaine précédente (le temps de faire un background check?), et passer les portiques de sécurité une heure avant le début de la conférence, qui avait lieu au sous-sol de l’Expo center.
Le président a oscillé entre des propos assez désarmants de guimauverie: “building a better city can only be achieved through friendship”, “in China, people love each other, people are seeking justice, peace and security”…Et des piques envers ses deux ennemis préférés: les Etats-Unis et “le régime sioniste”, Israël, qu’il n’a pas cité nommément une seule fois : “the UN Security Council is a tool in the hand of the USA”, “Obama is marching on the same path as Bush did”, “the American government is going to swallow the entire Middle-East region and Iran is not going to let it do so”, “the US administration is run by zionists”, “they want to save the zionist regime but it is doomed and it is not going to survive”…
Il a habilement esquivé le question de savoir si le vote de la Chine allait avoir une conséquence sur les relations sino-iraniennes: “Not only China, but the other countries announced that the resolution would open the way for diplomacy”, “we have had good relations with China and there is no reason to weaken them. The main problem is the US administration.”
Bref, une conférence de presse intéressante.
Mike, 26 ans, n’a pas la langue dans sa poche
« Bienvenue au pavillon du Qinghai ! Le Qinghai est la source des trois fleuves de Chine : le Yangtze, le Fleuve jaune, et le Mekong. Vous connaissez le lac Qinghai ? Non ? Ah, vous êtes juste allée à la capitale de notre province… »
La déception se lit sur le visage de Han Shanlong. Posté à l’entrée du pavillon de cette province qui, sur la carte chinoise, jouxte le Tibet, il n’hésite pas à aller au devant des visiteurs. Surtout s’ils sont étrangers, car c’est l’occasion pour lui de pratiquer son anglais.
Han Shanlong, 26 ans, tient d’ailleurs à ce qu’on l’appelle par son prénom anglais, « Mike ». Habillé d’un costume traditionnel de la minorité musulmane Hui (chemise nacre, gilet brodé, petite toque ivoire sur la tête), il ne semble pas intimidé par le Nagra pointé en sa direction. Au contraire, il est intarissable : « Je suis de l’ethnie Han. Le lac Qinghai est le plus grand lac d’eau salé de Chine. Moi je viens de la capitale, Xining. En voici un aperçu », fait-il, en montrant un poster géant.
La partie réservée aux pavillons des 31 provinces, municipalités et régions autonomes de Chine ne désemplit pas de la foule matinale. A l’étage se trouve le gigantesque pavillon de la Chine.
« Vous voyez ces montagnes ? C’est Yushu, une préfecture autonome tibétaine, située dans le sud-ouest du Qinghai. » Justement, ce jour-là une délégation d’écoliers originaires de cette bourgade, touchée par un séisme de magnitude 6.9 sur l’échelle de Richter le 14 avril, est de passage au pavillon. La télé est là, les officiels aussi. Mike disparaît, pour ramener quelques minutes plus tard, l’air triomphant, une carte du Qinghai, qui va pouvoir appuyer son flot ininterrompu de paroles.
Le jeune homme est l’un des 17 000 volontaires travaillant à l’exposition universelle. Il est assigné au pavillon du Qinghai, mais ne reste qu’un mois et demi, et repartira à Xining mi-juin quand un autre groupe arrivera pour le remplacer. « Je ne suis pas très détendu à Shanghai, c’est la première fois que je viens ici et c’est très bruyant. Vous voyez le ciel bleu, les montagnes enneigées ? » demande-t-il devant un autre poster, « ça vous relaxe ! »
Mike est très bavard. Il prend un plaisir évident à pratiquer son anglais sur les quelques 100 visiteurs étrangers qui, selon lui, s’aventurent dans son pavillon chaque jour. Ils viennent surtout d’Allemagne, de France et de « Hotland » (des Pays-Bas), comme il dit.
Mike travaille tous les jours, de 9h à 22h. Il avoue avoir voulu devenir volontaire pour faire connaître les beaux paysages de sa province. Le soir, il est logé avec les autres dans l’un des « expo staff villages » situés tout autour du site. « Ce n’est pas très loin, nous mettons environ vingt minutes à venir en bus. »
Il prépare lui-même ses repas et les emporte sur place. « C’est moins cher ! A l’expo, ce n’est pas facile de se nourrir. Les restaurants des pavillons chinois, français, italien, sont très chers. C’est juste mon avis, c’est très cher pour moi, mais certaines personnes ont beaucoup d’argent. » Mike n’a jamais mangé quelque chose de français, ni bu de vin.
Et les filles ? Il sourit, l’air gêné. « Ah, vous savez, nous avons beaucoup de belles filles dans le Qinghai aussi, alors les Shanghaiennes…Oui, moi je préfère les filles du Qinghai. »
Puis il s’enhardit, pose des questions, mais ne peut s’empêcher de donner aussi les réponses : « Vous parlez bien anglais pour une française. Vous savez beaucoup de Français ne le parlent pas bien. Dans les premiers jours de l’expo, un Français, un vieil homme, me posait des questions, mais moi je ne comprends pas le français! Alors finalement, il a mimé ses réactions, c ‘était très marrant. »
Il enchaîne : « Il y a un acteur qui est très drôle et que j’aime bien, c’est Louis de Funès. Quel dommage qu’il ne soit jamais venu en Chine ! J’aime aussi « Léon », avec Jean Reno. Il est très connu en Chine. J’aime aussi le foot français. Comment s’appelle ce joueur déjà ? Henry, H.E.N.R.Y. » fait-il en épelant les lettres.
Comme la plupart des Chinois, il n’est pas surpris de voir que son équipe nationale ne s’est pas qualifiée pour le Mondial. « Moi je vais regarder la Coupe du monde à la télé. Je supporte les équipes argentines et anglaises. Je n’aime pas le Brésil, il y a trop de stars. Tout le monde dit qu’ils vont gagner, alors ce n’est pas intéressant. »
Il montre au mur les monts Kunlun, dont le jade a servi à fabriquer les médailles olympiques des Jeux de Pékin en 2008.
Interrogé sur l’image qu’il a de la France, Han Shanlong répond par le mot qu’utilisent tous les Chinois quand ils pensent au « pays du droit » (traduction de la France en chinois): « c’est un pays romantique. Oui, j’en suis sûr, car je regarde les films français. Vous avez Paris, la tour Eiffel, des films connus, c’est tout ce que je sais ! J’aimerais aller en France, quand j’aurai le temps et un peu d’argent, car j’aime la nourriture que vous avez en Europe », conclut-il, le sourire accroché aux lèvres.
«J’aime en fait les cuisines du monde entier. Connaissez-vous la fondue chinoise ?»
Le photographe
Je rencontre Wang Jiechun dans la queue pour prendre le ferry qui nous emmène de Pudong à Puxi. Je ne suis plus habituée à faire la queue: avec mon accréditation, je passe directement partout. Sauf sur les docks (et les pavillons chinois et japonais). Le ferry part dans 30 minutes, ce qui me laisse amplement le temps de me livrer à mon activité favorite: parler avec les Chinois.
M. Wang, à côté de moi, porte tout son attirail de parfait photographe amateur: sac à dos plein d’objectifs et de cartes mémoires, un pied qu’il a mis dans une sacoche suspendue à son épaule gauche, et un Nikon D80. Il semble n’être venu que pour se repaître du spectable visuel qu’offrent les pavillons les plus audacieux: Japon, Royaume-Uni, Espagne… Ce matin-là, il a attendu cinq heures pour le très coloré pavillon de la Corée du sud.
“Il va falloir que je revienne, car en une journée on ne peut visiter que deux ou trois pavillons!” se désole-t-il. A 67 ans, il en paraît dix de moins. Ancien importateur de fruits et légumes, il a vu le site de ce qui est aujourd’hui l’exposition universelle sortir de terre. “Les constructions ont commencé en 2004 ou 2005.” Wang Jiechun habite à tout près, ” à 15 minutes à moto d’ici”. Mais pas de chance, son appartement est au rez-de-chaussée et n’a donc pas de vue sur l’expo.
Alors qu’il grimpe avec agilité sur le bateau, il réfléchit tout haut au devenir de l’exposition, une fois que tout sera terminé. Des grandes tours vendues à prix d’or? “Non non, moi je pense que le site de l’expo restera consacré aux loisirs et divertissement”, assure-t-il. “Pour tous les Chinois qui n’ont pas pu aller à l’expo.” Je lui fais part de mon scepticisme, mais il est sûr de lui.
Mais alors que deviendront tous ces terrains vagues autour de l’expo? Servant actuellement de parkings pour les cars de touristes, ils semblent prêts à être redécoupés en parcelles et à servir de terrains de jeux à 1/ des architectes étrangers et 2/ des promoteurs immobiliers.
L’expo, côté Puxi: un autre univers
Toute la misère du monde (pavillon de l’espace):
Décalage (pavillon Coca Cola):
Happiness factory (pavillon Coca Cola):
Harajuku girls (pavillon des entreprises de Shanghai):
Oups:
Octopus balls (stand devant le pavillon des industries du Japon):
Mode d’emploi pour les “meilleures toilettes du monde” (pavillon des industries du Japon):
Victoire! (dans le pavillon urbain de Vancouver, on a installé le podium des J.O. d’hiver):
La Lettonie, c’est sexy:
Voir le post sur Orange ici.
La course
Tous les matins dès l’ouverture du site de l’expo universelle, la même mécanique se met en branle: des dizaines de milliers de visiteurs sont massées aux grilles, peu avant l’ouverture l’air se remplit d’un sourd murmure d’impatience, et à 9h tapantes la foule se déverse au pas de course vers les pavillons les plus populaires.
Enfants, grands-parents, jeunes filles en escarpins… Tout le monde court. Leur détermination m’a toujours étonnée. Alors quasiment tous les matins, je me poste à différentes entrées (je suis déjà à l’intérieur) et j’observe de haut mouvements de foule et différentes stratégies (maman va chercher la poussette alors que papa commence à faire la queue, etc). Les personnes âgées sont en remarquable forme et, si elles ne sont pas les plus rapides à la course, sont parmi les plus déterminées.
Ici à l’entrée “Houtan”, c’est le pavillon des Etats-Unis qui attise la compétition. Qui arrivera en premier?



























